UN ILOT DE VERDURE

EN PÉRIGORD BLANC

La petite histoire du pont

L'histoire de Cubjac est liée pour une bonne part à l'histoire de son pont. Un pont qui avait dans les temps anciens une importance quasi régionale. En effet, jusqu'à la fin du 18ème siècle au moins, l'axe principal de circulation traversant notre bourg ne suivait pas l'Auvézère comme aujourd'hui, mais! comme l'indique un édit du Parlement de Bordeaux de 1643 :

'' Le pont de Cubjac estre grandement nécessaire et important tant pour le service du Roy que pour le public attendu qu'il est le passage le plus ordinaire pour aller du Périgord et Limouzin Engoumois et Saintonge vers les provinces de Quercy,
 Auvergne et Languedoc et pour dycelles aller et venir vers les villes de Bordeaux et Larochelle et Angoulesme les autres ponts et passages qui sont situés sur la dite rivière de Lauvézère éstant tout à fait ruynés et inutilisables...
'' (1)

Il faut dire aussi qu'en ce temps-là les chemins souvent en mauvais état, n'étaient  empierrés qu'à deux ou trois lieues à l'approche des villes et villages.
Le pont de Cubjac était en bois comme nombre de ponts de ce temps, mais en très mauvais état et moins beau que le pont en bois sur la Dordogne, à Bergerac, qui fit l'admiration de François Rabelais se rendant à Montpellier.
Notre pont, ou ce qu'il en restait fut, au cours d'une crue en 1643, complètement détruit et rendu inutilisable.


Que firent les autorités paroissiales ? Elles suivirent la procédure déjà en vigueur à l'époque et adressèrent une requête au Parlement de Bordeaux (Trésoriers Généraux des Finances de Guyenne) afin d'obtenir les ressources financières nécessaires à la reconstruction du pont. Me Pierre Broulieur, notable de la juridiction de Cubjac reçut une ordonnance des Trésoriers de France en Guyenne du 2 Septembre 1643, désignant Jehan de Montrazes,   Conseiller de la Ville de Périgueux pour procéder à la visite du pont de Cubjac et rédiger un procès-verbal de son état, appeler l'Architecte Nicolas Rambourg (Architecte du Château d'Hautefort) et les Maîtres maçons Barthélémy Constantin et Philippe Audy, pour établir le devis de réparation.
Cette visite eut lieu le 22 Septembre 1643 en présence des syndics et cultivateurs (releveurs d'impôts), assistés des principaux habitants de Cubjac et paroisses ''circonvoisines''.


Tous ces représentants :
'' d'une voix ont déclaré estre grandement nécessaire et important, tant pour le service du roi que pour le public reffère et rebasttir le dit pont, vu que les autres ponts et passages situés sur la dicte rivière de l'Auvézère estant tout à faict ruinés et inutilisables et daicherés. Les pauvres habitants d'icelle ne peuvent subvenir au payement de tailles et autres impositions........ à cause des marchés qui se tiennent dans le dit bourg de Cubjac.... lesquels marchés et commerces ont cessé depuis quelques années à cause de la ruine du dit pont.'' (1)


L'architecte et les maîtres maçons ont indiqué que le pont n'était pas assez haut, pas assez long et assez large, il faudrait neuf piles et non six, huit arcades au lieu de deux, plus large de quatre pieds pour laisser les charrettes passer commodément, plus long de cinquante pieds.
Furent également chiffrées les charretées de matériaux, dix mille charretées de pierres et vingt charretées de chaux, ''outre quantité de boys pour faire les étanches palissades'' (1).


Que décida alors le Parlement de Bordeaux ?
Que la construction du pont en pierre, sera entreprise aux dépens des paroisses situées sur la voie passant par le dit pont, c'est-à-dire Cubjac, Le Change, Montagnac, Savignac et jusqu'a Ligueux.
Les paroisses n'étant pas riches et la Fronde survenant les travaux commencèrent en 1655 et ne purent être achevés.
En 1659, des chevaux et des bestiaux revenants de la Foire de la Saint Roch tombèrent dans l'Auvézère en crue.
Le 12 Octobre 1659, les mêmes démarches qu'en 1643 furent entreprises près du Parlement de Bordeaux, dont la Généralité de Guyenne, selon des dispositions d'un Arrêté du Roi en date du 21 Août 1659, assura enfin le financement.
Une réunion identique à celle d'Octobre 1643, se tint ce 12 Octobre 1659 sous la responsabilité de Maître Delachabane, Conseiller du Roi en sa Cour de Bordeaux et Trésorier Général de France en la Généralité de Guyenne, et Maître Pierre Fouilh Procureur au Bureau des Finances et autres personnalités locales lesquelles constatèrent : que les travaux entrepris en 1655 n'étaient pas d'une qualité telle qu'ils permettaient une utilisation sans risque du pont et que d'ailleurs, faute de moyen celui-ci n'était pas achevé.
En conséquence, il fut décidé que le pont serait reconstruit en respectant les plans de l'Architecte Nicolas Rambourg. Les travaux furent confiés aux Maîtres maçons Audy et Dufraisse, et le pont ainsi rétabli fut utilisé jusqu'au 1783. Il fut réputé alors le plus beau de la province (2).
Le 6 Mars 1783, une crue causa une si grande inondation que le pont de Cubjac fut démoli pour une bonne moitié. Elle était si élever que les eaux couvraient de plus d'un pied (32,4 cm) la couverture de la halle, celle qui allait de la place actuelle de la Mairie vers l'Eglise.
Bien d'autres crues inondèrent Cubjac et firent souffrir notre pont, notamment en 1843, mais l'histoire se perpétue et ne s'arrête à aucune date...
M. A.


(1) Archives départementales de la Gironde (1643 & 1659).
(2) F. Loirette (Professeur d'Histoire au Lycée Montaigne) Histoire du pont de Cubjac et navigabilité du Lot.

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